Kokopelli : victoire en vue.

On l’ignore bien souvent, mais la diversité des semences est très limitée, encadrée par un “catalogue” officiel dont les agriculteurs ne peuvent s’écarter.
Le résultat est catastrophique en termes de pauvreté de l’offre, d’uniformisation des produits et de leur goût.
L’association kokopelli (lien à droite) se bat depuis longtemps pour que ce catalogue cesse d’être imposé, et la cour de justice de l’UE vient enfin par la voix de son avocat général de leur donner raison.

Extraits :
cela n’a « aucun rapport avec la santé des plantes », d’autre part, que « il appartient aux agriculteurs de décider des variétés qu’ils cultivent », enfin que cette législation limite excessivement le choix des consommateurs qui n’ont « ni accès aux denrées alimentaires ou autres produits issus de variétés qui ne satisfont pas aux critères d’admission, ni la possibilité de cultiver eux-mêmes ces variétés, par exemple dans leur propre jardin ».

De même, l’avocat général rappelle à juste titre que « le fait que les agriculteurs soient cantonnés à des variétés admises réduit enfin la diversité génétique dans les champs Européens ».

Il en conclut logiquement que «les inconvénients de l’interdiction de commercialiser des semences de variétés non admises l’emportent manifestement sur ses avantages. »

Voir également le blog de l’association ici.

Bravo Kokopelli, grâce à vous on va peut-être découvrir du neuf sur les étals, n’en déplaise aux semenciers.
Hugh !

Vous faites quoi dans la vie ? (4)

Je présente la météo.

Pourquoi ?

Un cauchemar (dernier épisode)

Au dernier étage du magasin, autour d’une table, les syndicats et la drh commencent à négocier une prime spéciale, un peu plus loin, face à un écran plat d’un très beau design, une paire d’yeux totalement statique regarde les chiffres qui s’alignent, mis à jour toutes les cinq secondes, seul un petit rictus perturbe parfois ce regard froid.
Dans les sous-sols, un autre ballet décharge des camions, défait des colis, trie, pose sur des chariots qui partent vers les hyènes, c’est la nourriture toute fraîche qui arrive en flot ininterrompu, avec le renfort du personnel du zoo.

Retour dans les rayons à la sortie des bureaux, la fièvre est intacte et la climatisation insuffisante. Des hyènes en furie et à moitié nues se ruent sur des cartons de culottes, les essaient sur place faute de cabines disponibles, d’autres rouspètent que c’est pas joli joli, vite rembarrés par un “occupe toi de tes fesses connasse”, notre créature du début, toujours présente et le visage maintenant peint au merchurochrome, demande le rayon des échasses à une demonstratice vacillante … et qui d’ailleurs tombe, une autre hyène se penche sur l’immense balcon central et hurle quelque chose d’inaudible, les bras écartés, façon Titanic, une autre encore tente de payer un parfum capiteux avec ses tickets restaurant du mois, et encore une qui en oublie sa progéniture à l’étage en dessous, sans oublier un curé en pleine descente d’emphets qui prie une vendeuse de lui montrer le rayon cuirs liturgiques avant d’être emmené par deux hommes en blanc …
Un pigeon aspiré par le flux entrant depuis le matin tente une sortie en piqué s’allège de quelques grammes sur 30 mètres de linéaire du rayon parfums, pour se fracasser contre la porte vitrée.

Madame pipi n’en peut plus, et sort le karsher pour arroser la foule, qui la remercie et applaudit.

D’un mouvement violent je me redresse, me réveille transpirant et haletant, il est cinq heures du matin, purée quel cauchemar …

Corporatisme et bal des faux-culs

Un journaliste de France 2, Gilles Jacquier, est mort en faisant son difficile métier.
Dans le journal télévisé du soir sur cette même chaine, j’ai entendu ses pairs de la maison qu’on voit en permanence dans leurs émissions d’information faire son éloge et dire combien il était bon cet homme.

Je me suis senti mal à l’aise, une très désagréable impression de “vous avez vu, on fait un métier dangereux, nous sommes des témoins et on continuera”.

Certes, certes …
L’émotion est légitime, je la nuancerai selon sa source quand même.
Parce qu’il y a autant de strates dans ce métier que dans la grande distribution.

Si je prends l’exemple de ce journaliste décédé, je dirais qu’il a choisi de faire la partie la plus difficile du job, sur terrains minés.
Ensuite il envoie ses images à sa rédaction.
Laquelle décide du montage qu’il faut en faire, de sa durée.
Elle décide aussi du commentaire, généralement écrit par quelqu’un qui n’était pas sur place.

Et le grand mamamouchi du 20h, costard impec et brushing tout frais, nous dit avec ce qu’il faut comme dramatisation ce qu’on va voir, en 6 à 10 secondes d’introduction, en lisant un prompteur.
Ce grand mamamouchi qui pose son cul devant la caméra du studio avec un salaire X fois supérieur à celui qui a mis sa vie en danger, c’était le même qui disait que ce métier était dangereux. En lisant son prompteur encore.
Pauvre con !

Dans les strates de ce métier, j’ai bien plus de sympathie pour le correspondant local du Télégramme de Brest ou de Presse Océan par exemple, qui participent à leur façon à la vie de la cité, que pour tous ces mamamouchis.
Comment auraient-ils le temps de faire du journalisme d’ailleurs, entre la coiffure, le maquillage, les invitations dans tout ce qui est “happy few” ?
Et pourtant ce sont ces mamamouchis qu’on va voir durant ces prochains mois, à poser des questions qui n’ont aucun intérêt à des candidats qui n’ont souvent pas beaucoup d’intérêt (à part 2 ou 3 quand même). Et quand ces candidats leur répondront des énormités ils ne bougeront pas d’un cil parce qu’ils n’ont pas fait leur boulot.
En plus ils ne peuvent plus aller en Tunisie ou en Egypte tous frais payés pour des vacances tellement méritées.

Tiens, voilà le lien avec Mr Jacquier, les mamamouchis f’réquentent les parfois les mêmes pays que leurs collègues, c’est juste pas au même moment, pas dans les mêmes conditions, pas dans les mêmes hotels, et pas au même prix.

Vous faites quoi dans la vie ? (3)

Interprète français / allemand

Ah Ah Ah

Pourquoi ?

Vous faites quoi dans la vie (2)

Vais en faire une série tiens.

Donc, vous faites quoi dans la vie ?

Journaliste économique.

Pourquoi ?

Vous faites quoi dans la vie ?

Journaliste

Pourquoi ?

Un cauchemar (épisode 2)

Les plus efficaces montaient les escaliers mécaniques du magasin en courant, les novices attendaient l’ascenseur.
Aux bruits de la meute s’ajoutaient maintenant ceux des annonces sonores. Là aussi la hyène expérimentée aura fait preuve d’ingéniosité en portant des bouchons aux oreilles, afin de ne pas être détournée de l’objectif initial.

L’ordre impeccable des produits présentés s’effondre comme un soufflé, c’est maintenant en plongeant que les hyènes attaquent l’objet de convoitise, elles cherchent, en apné. On distingue ici ou là des hyènes mâles, dont l’assurance initiale se transforme, prenant progressivement l’allure de retraite bien prudente et avisée.
Le bal continue, ici une rixe à coups de sac à main, là des invectives en dialecte châtié, derrière on aperçoit un visage griffé … le service d’ordre et les pompiers de l’endroit regardent, il n’est pas encore temps, le danger est trop grand.

Après deux heures de cette immense bacchanale acheteuse, le spectacle est fellinien … les hyènes les plus faibles sont remplacées par des troupes fraiches (le coaching est excellent !), les dominantes ont trouvé leurs marques et balisé leurs territoires, d’un simple regard elles éloignent les inconscientes.

Les premiers soins sont donnés aux blessées, certaines sont déshydratées, une hyène étrangère très perturbée demande où est la Tour Eiffel avant de s’évanouir dans les bras du pompier aux aguets, un de ses collègues éteint le début d’incendie d’une caisse en surchauffe, alors qu’à celle d’à côté c’est un carré de plastique qui sent le brûlé.

La dame pipi tente d’empêcher les hyènes d’aller chez les hommes, et d’assurer un semblant d’équité dans le temps d’occupation des lieux d’aisance, ne déplorant que quelques rares accidents malheureux, faut dire qu’elle en est à sa douzième campagne, plusieurs fois médaillée de l’ordre du mérite.

A l’infirmerie, un jeune employé recruté pour l’occasion pleure en alternant “je veux retourner chez ma mère … je ne veux pas retourner chez ma mère”. Dans un rayon, une autre employée avale un comprimé entre chaque question de hyène, et y répond invariablement par un mouvement de tête soit vertical soit horizontal, plus rarement par un regard vers le plafond.

Une hyène mâle, en fait un mateur déguisé, passe et repasse devant les cabines d’essayage. Mal lui en prend, notre créature du début s’y trouvant pour essayer un corset et l’ayant repéré, lui décoche un uppercut salué par une hyène ironique, d’un “comme çà vous êtes deux à avoir le visage tuméfié”. Deux secondes après cette moqueuse reçoit elle aussi l’hommage du poing de la dame. Les taches de sang sur les vêtements essayés font qu’il n’est plus question de les acheter, alors ils restent au sol comme des blessés de guerre.

Aux portes du magasin, les hyènes rassasiées sortent chargées de sacs. Le chassé croisé avec les affamées est encore à l’avantage des secondes, avant de s’équilibrer en début d’après-midi.
Les ambulances en stand-by jusque là commencent maintenant un ballet incessant, alimentant les urgences des hopitaux les plus proches. Les pathologies sont variées: ecchimoses, luxations, quelques entorses, céphalées, coups de chaleur, hypertensions, dépressions, ampoules, démences passagères, un régal pour les internes et infirmières en fin d’études.

 

… à suivre …

Un cauchemar (épisode 1)

Cà a commencé devant un grand magasin, dont l’enseigne et la localisation sont floues dans mon souvenir.

Devant les portes fermées, des hyènes, en grand nombre, silencieuses, presque immobiles. Parfois un mouvement reptilien vient perturber ce calme, et c’est l’ensemble qui évolue alors, doucement, comme une vague, et puis tout redevient calme.

Sur les vitres, de grandes affiches annoncent “Soldes”.

Et puis, soudain, une créature vêtue d’un grand manteau de cuir apparaît, dominant la meute de plusieurs têtes. Se déplaçant sur échasses, elle force rapidement un passage jusqu’aux portes, se retourne, et toise les visages réprobateurs.

Avec une cravache, dans un geste ressemblant à de l’époussiérage, elle fait reculer celles qui lui semblent trop près d’elles.Les murmures de la meute se font plus sonores, du fond on entend un “à la queue comme tout le monde” ! Pas perturbée, la créature ouvre son manteau, et découvre une prothèse phallique gigantesque.
Recul très net de la meute, accompagné de “ohhhh” craintifs.

Puis, la nature reprenant ses droits, on observe un mouvement circulaire de certaines hyènes autour de la créature, l’approchant progressivement. Les plus téméraires allaient jusqu’à donner une morsure aux échasses, malgré les mouvements de la cravache repoussant l’assaut animal, façon chasse-mouches.
Le destin de la créature semblait bien funeste, lorsqu’elle fut sauvée par les 9 coups de l’horloge.

A ce moment, les portes s’ouvrirent, et la créature, forcément plus rapide que les hyènes maintenant concentrées sur cet objectif commun, arriva la première à la porte.
Hélas, la hauteur de ses échasses fit qu’elle se heurta violemment la tête dans le haut de la porte vitrée, en fut estourbie et tomba d’un coup à l’entrée.
Naturellement, le flot des hyènes maintenant en marche la piétina. brisa ses échasses, arracha son appendice de latex … et la créature sonnée, se relevant et titubant, donnait l’image de “L’albatros” de Baudelaire.

A l’intérieur, le flot gigantesque des hyènes se divisait en de multiples rivières, jouant des coudes, vitupérant et grondant. La lutte d’un spermatozoïde semble bien plus pacifique.
Leur but est un présentoir ici, un portant là, une vitrine, un carton, tant de choses aussi attirantes les unes que les autres. Certaines hyènes virevoltaient telles des papillons de nuit, ne sachant plus où aller, avant de s’effondrer faute de condition physique, d’objectifs bien précis, et pour certaines, d’expérience.

… à suivre …

J’en ai l’ouie désaccordée

Entendue de la radio ce matin en prenant mon kawa, cette magnifique phrase :

“Une grande voix du piano s’est éteinte …”

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Elle ne fera plus une touche non plus ?